Pododermatites du lapin : actualités

Les pododermatites sont fréquentes chez le lapin de compagnie. Les facteurs de risque sont bien connus en élevage et ont longtemps été supposés communs avec le contexte des lapins de compagnie. Cette nouvelle étude chez nos compagnons à 4 pattes a bousculé les idées reçues sur le sujet !

Pododermatite

Bandage réalisé par le Dr Van Praag (site Medirabbit)

 

La pododermatite est une maladie cutanée chronique qui affecte la face plantaire des pieds, le plus souvent au niveau des doigts (métatarses) et de la cheville (tarse) sur le membre postérieur.

Chez le lapin d'élevage, il est connu qu'une nature de sol trop dur et une mauvaise hygiène favorisent l'apparition de cette inflammation qui peut aller jusqu'à une ulcération profonde avec des tissus infectés. En effet, le lapin ne possède pas de coussinets plantaires, à l'inverse du chien et du chat, mais seulement une couche de poil plus épaisse dans cette zone. Lorsqu'il ne peut se déplacer normalement (boiterie, report du poids, diminution des déplacements), le poids vient rapidement entraver la bonne circulation sanguine. Un phénomène d'ischémie (manque d'oxygène) en résulte, et peut aboutir à une nécrose. La maladie a ainsi été rapportée chez des lapins obèses, des grandes races, des races à fourrures fines comme les Rex et les Angoras.

L'étude réalisée a concerné durant 7 mois les lapins reçus à l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Edinbourg. Les pododermatites sont classées en 6 stades selon la gravité des lésions :

Pododermatite stades

tiré de l'article MANCINELLI - Pododermatitis rabbit risk factors (2014)

Les facteurs de risque démontrés chez le lapin de compagnie sont ainsi les suivants : 

  • l'âge : les animaux de plus de 12 mois ont 3,7 fois plus de risque de développer une pododermatite
  • le sexe : les femelles montre 5 fois plus de risque de développer la maladie que les mâles
  • la stérilisation : l'ensemble des femelles stérilisées de l'étude ont montré une inflammation des postérieurs 

Aucune influence de la nature du sol (cage sans substrat, foin, tapis...) n'a été mis en évidence, ni le poids et l'état corporel. Il est ainsi essentiel de surveiller l'apparition de cette maladie et de ses complications, en particulier chez les femelles stérilisées

Sources 

MANCINELLI E. et al : Husbandry risk factors associated with hock pododermatitis in UK pet rabbits (Oryctolagus cuniculus), Vet Record, 2014, 174(17) : 429

MARTORELL J. : Scoring pododermatitis in pet rabbits, Vet Record, 2014, 174(17), p. 427-8.

MAYER J., DONNELLY T. : Clinical Veterinary Advisor : Birds and Exotic Pets, Saunders Ed. , 2013

site medirabbit.com