L'alimentation assistée des reptiles

Pogona

Besoin énergétique et fréquence de distribution

  • Les reptiles sont des animaux ectothermes, c'est à dire que leur température dépend de celle du milieu extérieur. Cela a de grandes conséquences sur le fonctionnement de leur organisme et leur gestion de l'énergie. Ainsi, il y a une différence significative dans le besoin calorique par rapport à un mammifère. L'ordre de grandeur est tout de même d' 1/10ème de l'énergie d'un mammifère de même taille !

 

  • On a souvent en tête qu'un reptile ne se nourrit pas fréquemment. En réalité, cela varie beaucoup d'une tortue d'Hermann qui s'alimente quotidiennement à certains pythons qui peuvent rester des mois sans manger, tout en restant en bonne santé ! La fréquence de distribution de l'aliment est également différente pour un reptile malade ou en bonne santé. Si votre animal est malade, conservez le à sa Température Optimale Supérieure pour augmenter ses défenses immunitaires. Cela aura ainsi pour conséquence une augmentation du métabolisme de base, de la cicatrisation et de la guérison, mais également une augmentation du besoin calorique. Le fait même de digérer demande à votre reptile une certaine énergie, en particulier pour la digestion des protéines. Voici un tableau pour vous guider sur la fréquence de nourrissage chez quelques espèces cour

Lors d'anorexie, quelle alimentation assistée choisir ?

  • Lorsque votre reptile ne se nourrit pas seul, une alimentation dite "assistée" peut être mise en place. De nombreuses options sont possibles. 
  • Afin de mettre le maximum de chance de son côté, on utilisera préférentiellement l'aliment habituel. Un nourrissage à la main est recommandé pour les lézards et tortues habitués à l'Homme, comme certains pogona vitticeps et Iguana Iguana qui peuvent refuser l'aliment lorsqu'il n'est pas présenté à la main. Pour les serpents, la proie est introduite dans la bouche en plantant les dents dans le rongeur, de telle manière qu'il soit difficile pour lui de la recracher.

 

  • Si cette solution est impossible, les proies peuvent être mixées dans un blender un peu diluées et administrées à l'aide d'une sonde de gavage, avec précaution pour ne pas blesser l'animal. Certains aliments industriels en poudre existent et présentent un intérêt par leur densité nutritionnelle, la facilité d'assimilation pour un animal même débilité (utilisation de protéines hydrolysées et d'acides aminés purifiés). Leur emploi doit être cependant réservé à un animal correctement hydraté pour éviter à la poudre de se compacter et de créer une occlusion intestinale. Les aliments de réalimentation canins sont rarement adaptés pour les reptiles carnivores, du fait de l'utilisation fréquente de foie comme ingrédient principal. En effet, le foie est riche en purine, le précurseur de l'acide urique qui pourrait causer la goutte chez les reptiles urothele

Conditions prealables au gavage

Aspects techniques du gavage

  • Il est indispensable de déterminer au préalable la manière dont le reptile va être approché, le matériel nécessaire. L'objectif est de maintenir le temps de manipulation en dessous des 5 minutes

 

  • La plupart du temps, le gavage est réalisé à la main, ou à la seringue lorsqu'il s'agit d'un aliment liquide. Lorsque cela est impossible, un tube peut être utilisé, rigide ou flexible afin de nourrir le reptile. Dans les deux cas, une contention précautionneuse est recquise, afin d'éviter tout risque de blessure. Lorsque le support nutritionnel est prévu sur une longue durée, votre vétérinaire peut décider de placer chirurgicalement une sonde de pharyngostomie ou d'oesophagostomie, Cette sonde permet de limiter les manipulations, ne gêne généralement pas un animal qui mangerait spontanément, et cicatrise facilement sans suture après son retrait. Cependant, vous pouvez continuer à proposer de l'alimentation non assistée en parallèle des gavages. Le mode d'emploi est résumé dans l'encadré ci-dessous : 

 

Mode emploi sonde

 

  • Le volume d'aliment : Il doit correspondre environ à 3 mL/100g de poids. Cette quantité est un ordre de grandeur, qui peut la plupart du temps être augmenté. Celui-ci ne doit pas être trop important au départ pour éviter un syndrome de renutrition qui peut être mortel !

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Sources 

DE VOE RS : Nutritional support of reptile patients, Vet Clin North Am Exot Anim Pract, 2014, 17(2), p. 249-61

MADER : Reptile Medicine and Surgery (Second Edition)

LafeberVet.com 

MAYER, CONNELLY : Clinical Veterinary Advisor Exotic Animals


 

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