Nutrition des nouveaux-nés

Serpent livre jungle

 

La première prise alimentaire n'est pas toujours de tout repos pour les éleveurs de reptile. Cet article vise à donner quelques éléments de solution concrets lorsque vos nouveaux-nés peinent à s'alimenter au départ.

Aspects physiologiques

  • La plupart du temps, les reptiles naissent avec une réserve d'énergie contenue dans le sac vitellin. La plupart du temps chez le serpent, le nouveau-né ne se nourrit pas avant sa première mue, qui peut survenir à 10-14 jours ou bien à 3-5 mois chez certaines espèces comme le python curtus ! Les refus sont fréquents chez les nouveaux-nés chez les serpents et les espèces arboricoles. L'écart entre l'alimentation naturelle (souvent constituée de petits amphibiens, lézards, invertébrés) et celle qui est plus accessible aux passionnés d'herpétologie, les rongeurs, participe probablement à ce constat. 

 

Un environnement adéquat

  • L'administration du repas est conseillée au moment de la journée où l'espèce est la plus active en temps normal. Elle est réalisée dans un environnement calme et silencieux. Bien que de nombreux amateurs de serpent les nourrissent en dehors de leur terrarium, il est fortement recommandé de conserver les nouveaux-nés dans leur terrarium lors des premiers nourrissages ! Les mouvements doivent être sûrs et délicats (à distance à l'aide d'une pince), car le moindre mouvement de recul lors de la préhension peut dissuader l'animal de manger.

 

  • Il est important de s’adapter au mode d’alimentation de l’espèce :

Sur une branche stable pour un reptile aboricole

La proie rest recouverte pour un reptile fouisseur (sous un morceau d'écorce, une feuille de papier ou une boîte)

Cameleon branche

Proie et transfert d'odeur

  • Dans le cas où l'on nourrit avec un rongeur une espèce qui mangerait naturellement un amphibien ou un reptile, il faut modifier l'odeur de la proie. Pour cela, plusieurs étapes sont nécessaires : 

1/ Lavage de la proie avec un savon inodore, rinçage

2/ Application d’une autre odeur afin de se rapprocher de l'odeur d'une proie naturelle.

o    Frottement d’un lézard ou une grenouille  : des animaux morts trouvés en bord de route peuvent être utilisés s'ils semblaient en bonne santé,, avec un risque minimal pour le reptile. 

o    Mixage des lézards ou des grenouilles pour recouvrir le rongeur avec la mixture

 

L'appétence des proies congelées

  • Lors de l'utilisation de rongeurs surgelés, il est important de les distribuer à 38°C , soit la température du rongeur vivant. La perception d'un objet chaud augmente les chances de préhension.Une petite incision peut être pratiquée au niveau du nez ou de la tête du rongeur afin d'augmenter le matériel volatil, qui suscite un intérêt chez le serpent ;

 

  • Le « tease feeding » peut être utilisé, en particulier pour les espèces territoriales arboricoles, qui auront tendance à mordre pour se défendre lorsqu'un élément les dérange. Il s'agit d'agiter la proie avec une pince. Tout mouvement de recul doit être contrôlé lorsque l'animal saisit sa proie afin d'éviter qu'il ne la lâche. 

Utilisation des proies vivantes

Cette méthode n'est essayée que si les autres méthodes ont échouées. Cela n'exclue cependant pas de penser aux conditions acceptables pour les rongeurs utilisés, qui sont ainsi retirés au reptile si celui-ci l'ignore. Il serait inacceptable de laisser un rat nouveau-né mourir de déshydratation sur le sol d'un terrarium !

Le fait de nourrir avec des lézards ou des grenouilles peut être considéré comme une option du fait de l'aspect naturel et plus sain pour le reptile, cependant il est important de rester vigilant à ne pas prélever d'espèces menacées. Les rongeurs sont en général préféré pour leur accessibilité, leur coût et leur prolificité. 

Python regius

L'alimentation assistée

  • Lorsque les proies vivantes sont refusées, il ne faut pas prolonger trop l'attente jusqu'à ce que l'animal soit débilité. Dans ce cas, l'utilisation d’un aliment liquide ou mixé peut être nécessaire. Une queue de rat peut être utilisée pour initier la prise alimentaire, même si cela ne conviendrait pas à un régime correct sur le long terme. La proie est lubrifiée avant d'être introduite dans la gueule. Les dents du reptile sont ancrées dans la proie pour limiter le risque de rejet. Si la déglutition n'est pas spontanée, la proie est poussée dans l'oesophage ou l'estomac avec précaution. 

Sources 

DE VOE RS : Nutritional support of reptile patients, Vet Clin North Am Exot Anim Pract, 2014, 17(2), p. 249-61

MADER : Reptile Medicine and Surgery (Second Edition)

LafeberVet.com 

MAYER, CONNELLY : Clinical Veterinary Advisor Exotic Animals

 

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