Aspergillose

Gris du gabon

L'aspergillose est la maladie fongique la plus rencontrée chez les oiseaux, causée par des champignons du genre Aspergillus

  • L’aspergillose est une maladie respiratoire non contagieuse causée par Aspergillus spp.,qui compte 3 principales espèces (A. fumigatus, A. flavius) ubiquitaires, c'est à dire présents dans l'environnement (les sols, les débris végétaux, les ensilages ...). Ils se nourrissent de déchets organiques et se développent de manière opportuniste chez un oiseau qui présente une baisse d'immunité. 

 

  • La contamination de l'oiseau se fait le plus souvent par inhalation des spores. Il est possible (mais rare) de rencontrer une infection osseuse ou du système nerveux central par contamination d'une plaie ou à travers la coquille de l’oeuf. La forme chronique est davantage observée chez l'oiseau de compagnie, et se manifestent par une difficulté respiratoire chez un oiseau parasité, atteint de carences nutritionnelles ou d'une autre maladie chronique comme l'athérosclérose. Dans ces cas, c'est une immunodépression qui est la cause de la déclaration des symptômes. Les espèces qui semblent particulèrement sensibles sont les gris du gabon, les Pionus, les oiseaux d’eau et les rapaces

 

Aspergillose culture

Culture d'éléments fongiques aspergillaires (grossissement 100, coloration Diff Quick) (1)

Signes cliniques

  • Ils sont dus à la formation de granulomes fongiques dans l'appareil respiratoire. Ils peuvent se situer à tous les niveaux de l'appareil respiratoire : la trachée, la syrinx, les bronches, les poumons ou les sacs aériens. Les signes cliniques se manifestent alors selon la localisation et la gravité des lésions.
  • Les signes cliniques sont souvent tardifs et peu spécifiques lors de maladie chronique : amaigrissement, prostration, incapacité de vol, perte d'appétit (dysorexie), difficulté respiratoire (dyspnée)... Des vomissements ou des diarrhées peuvent également être rapportés lors d’aflatoxicose (liée à l'infection par A. flavius). Les signes neurologiques sont rares. Lorsqu'un granulome est présent dans la trachée, l'animal peut subitement présenter une détresse respiratoire liée à l'obstruction de la trachée : perte de voix, stridor, respiration bec ouvertUn mouvement de la queue appelé “tail bobbing” peut également être observé

 

Aspergillose app respi

Présentation schématique de l'appareil respiratoire des psittacidés (2)

 

Diagnostic de l'aspergillose

  • Le diagnostic de l’aspergillose est complexe du fait des formes aiguës, chroniques, et de la variabilité des sites d’infection. De plus, l'oiseau présenté en consultation présente un état critique qui rend toute manipulation risquée. La démarche diagnostique du vétérinaire permet de faire la différence avec les autres causes de maladies respiratoires, qui sont très nombreuses chez l'oiseau (abcès trachéal, chlamydiose, insuffisance cardiaque avec ascite, intoxication aux vapeurs de cuisine...). 

 

  • La radiographie peut permettre la mise en évidence de lésions des sacs aériens et des poumons lors de stades avancés. Cette technique est néanmoins peu sensible pour l’observation de granulomes. Le scanner est beaucoup plus sensible dans la détection des granulomes aspergillaires et permet de visualiser des lésions aussi bien dans la trachée que dans les poumons et les sacs aériens. Cela permet de préciser le pronostic de la maladie.

Aspergillose rx 1

Radiographie montrant un granulome dans le sac aérien thoracique (flèche jaune) (1)

  • L'endoscopie peut permettre la visualisation directe de granulomes dans les sacs aériens ou dans la trachée, ainsi que la réalisation de prélèvements pour mise en culture. L'inconvénient de cette technique réside dans son caractère invasif et la nécessité d’une anesthésie générale contre-indiquée chez des animaux débilités. Elle permet par contre la mise en culture de prélèvement pour mettre en évidence le champignon ou une analyse histologique d'un granulome, qui sont des diagnostics de certitude. 

Aspergillose tracheoscopie

Visualisation d'un granulome aspergillaire par endoscopie (1)

  • Une sérologie ELISA (prise de sang) permet de conforter une suspicion d’aspergillose lorsque l'endoscopie et le scanner ne sont pas disponibles, cependant la sensibilité est faible. 
  • La mise en culture et l'histopathologie d'un granulome prélevé par endoscopie sont des diagnostics de certitude. 

Traitement

  • L’oiseau doit dans un premier temps être pris en charge pour gérer l’urgence de la détresse respiratoire. Une oxygénothérapie et des séances de nébulisations de sérum physiologique sont ainsi prodiguées. En parallèle, une réhydratation est recommandée ainsi qu’un réchauffement de l’animal.
  • Le traitement spécifique de l’aspergillose est principalement médical avec des résultats parfois frustrants. Il consiste en l’administration de médicaments antifongiques, dont certains ne sont pas accessibles aux vétérinaires en France. 

Cas particulier du granulome trachéal

  • La première étape est une stabilisation du patient. L'oiseau est toujours placé au calme sous oxygène avant toute manipulation. Une canulation du sac aérien peut être réalisée en urgence pour restaurer la perméabilité des voies aériennes.
  • Le traitement médical montre peu d’efficacité dans ces cas et le traitement de choix est chirurgical dans un second temps, avec une trachéotomie. Dans certains cas, une localisation très crâniale du granulome permet une aspiration l’aide d’une sonde urinaire et d’un aspirateur chirurgical chez les oiseaux de petite taille. Le risque anesthésique est majeur pour ces deux interventions

 

Amazone canulation

Canulation du sac aérien chez un amazone à front bleu (3)

Pronostic

Il dépend de la gravité et de la localisation des lésions. Il peut être réservé à sombre lorsque les poumons sont gravement atteints ou lors de granulome trachéal difficile d'accès en chirurgie.

Aspergillose conseil

 

Sources

(1) COQUELLE M., HUYNH M. : L'aspergillose des oiseaux, PratiqueVet, 2014, 49(6), p. 192-196.

(2) THOMAS NJ et coll. Aspergillosis. In : Infectious disease of wild birds. Wiley-Blackwell ; 2007 : 360-74.

(3) HARRISON GJ, , Clinical Avian Medicine, Spix Publishing ; 2005 : 691-700.

(4) MAYER J, DONNELLY TM. Clinical veterinary advisor Birds and Exotic Pets. Saunders ; 2013.

(5) Cray C et coll. Application of galactomannan analysis and protein electrophoresis in the diagnosis of aspergillosis in avian species. J Zoo Wildl Med. 2009 ; 40 : 64-70.

(6) Cray C et coll. Serosurvey and diagnostic application of antibody titers to Aspergillus in avian species. Avian Dis. 2009 ; 53 : 491-4

(7) Orosz SE. Antifungal drug therapy in avian species. Vet Clin North Am Exot Anim Pract. 2003 ; 6 : 337–50. 

 

Images

(1) COQUELLE M., HUYNH M. : L'aspergillose des oiseaux, PratiqueVet, 2014, 49(6), p. 192-196.

(2) ANDRE JP. Les maladies des oiseaux de cage et de volière. Maisons-Alfort : Le Point Vétérinaire, 1990, 380p

(3) photographie personnelle.

 

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