Une relation de confiance avec votre NAC

Il est assez fréquent d'observer des anomalies comportementales chez les NACs, du picage au fait de ronger les barreaux de la cage... Cet article discute de notre perception de l'animal et de ses comportements pour mieux comprendre comment éviter qu'elles se mettent en place. Il est souvent bénéfique de comprendre l'espèce de son animal, et apprendre à reconnaître et comprendre son langage corporel, pour pouvoir RESPECTER ses besoins et limites.

Lapine detendue

Langage corporel d'une Choupette détendue...

Cela permet d'éviter les erreurs suivantes qui mènent aux anomalies comportementales : l'utilisation excessive de la contrainte, le manque de perception du langage corporel, l'incapacité de reconnaître un comportement menaçant pour l'animal, de lui donner le choix de participer à une activité ou non, l'absence de renforcement positif.... 

Reconnaître et éviter le stress et la contrainte

La première chose à éviter pour éviter que votre NAC ait peur et manque de confiance en vous est l'abus de la contrainte pour obtenir l'obéissance. Dans cette situation, l'animal obéit pour se dégager de la contrainte, et non parce qu'il est d'accord avec vous. 

Pour l'éviter, il est d'abord nécessaire d'arriver à reconnaître la situation de contrainte. Ce n'est pas toujours évident car la plupart des NACs sont des "proies", qui conserveront donc un calme apparent dans une situation de stress, qui ne reflète pas du tout leur état mental. L'état "interne" à ce moment aboutit à une production importante de cortisol, l'hormone du stress. Des personnes ayant possédé plusieurs lapins reconnaissent souvent très facilement les signes de stress : comportement figé, yeux écarquillés, ... 

Certaines sources de stress pour votre animal peuvent paraître étonnantes et sont bonnes à connaître comme la néophobie, c'est-à-dire la peur de ce qui est nouveau. C'est le cas pour beaucoup d'espèces chez les NACs. Voici quelques exemples de situation de stress : 

  • pour un perroquet : le fait de placer un objet au dessus de sa tête ou en l'approchant par derrière peut être menaçant pour lui car c'est un mécanisme de protection des prédateurs dans la nature.
  • pour un lapin ou un rongeur : le fait de les déplacer en les maintenant par le corps les pattes dans le vide est une situation menaçante. Ces espèces sont plus à l'aise lorsque leurs pattes arrières ont un appui car c'est ce qui leur sert à fuir dans la nature, il vaut donc mieux les prendre en les posant sur une serviette.
  • la néophobie : Si vous ne voyez pas ce qu'un coupe-ongle a d'effrayant pour un perroquet, cet objet peut représenter une réelle source de stress pour lui. Imaginez alors l'ampleur de la contrainte si vous l'attrapez pour le forcer à un contact avec l'objet en lui maintenant les pattes !

Donner le choix et mettre en confiance

Un élément fondateur de la confiance avec votre NAC est de toujours lui donner le choix de participer à une activité ou non. Par exemple, si vous êtes très tactile, ce n'est pas forcément le cas de votre animal de compagnie. Certains apprécient les câlins dès le départ, d'autres les apprécieront avec le temps, d'autres ne les apprécieront jamais. La meilleure manière de pouvoir parvenir à une caresse appréciée des 2 parties est de respecter la volonté et le rythme de votre animal pour initier progressivement ces caresses. 

Une autre base essentielle dans la construction de la confiance est de lui fournir un abris, dans lequel il peut choisir de se cacher s'il n'a pas envie d'être dérangé. Cette base fait partie des 5 libertés fondamentales liées au Bien-Être Animal (règlementation ici). Cela est particulièrement important pour toutes les espèces qui sont des proies dans leur habitat naturel, car c'est un comportement naturel et indispensable pour eux de se cacher. 

Abris hamster

Abris improvisé pour Pipou 

Vous l'avez compris, votre première étape pour votre animal est de lui laisser le temps, car sa nature de proie lui fait naturellement redouter tout élément ou personne nouvelle. C'est ce qu'on appelle la "néophobie".

Doucement mais sûrement : la désensibilisation

Concernant la néophobie, il existe plusieurs moyen de diminuer le stress. Pour cela vous pouvez introduire le nouvel objet progressivement, pour créer un effet de "désensibilisation". C'est ce que nos confrères américains appellent "y aller doucement pour y arriver plus vite". En effet, plus le processus d'habituation est agréable et dénué de peur pour votre animal, plus vite vous arriverez à votre résultat... Ce qui, paradoxalement, implique de focaliser sur le ressenti et la progression de votre animal plutôt que sur l'objectif ! 

 

L'objet est d'abord manipulé lentement et à distance de votre animal. Le fait de laisser votre NAC cotoyer l'objet et s'en rapprocher sans être contraint vous permettra d'atteindre votre objectif sans traumatisme pour lui... et donc avec beaucoup plus de facilité pour vous par la suite ! Un exemple très concret et souvent vécu par les amoureux des chats ce que vous éviteriez : 

  • Exemple du perroquet et de la serviette : avant de manipuler votre perroquet avec une serviette, commencez par manipuler la serviette lentement et loin de lui, puis au bout de plusieurs fois vous pourrez rapprocher la serviette de votre perroquet et même le mettre en contact avec sans l'envelopper en le rassurant. Le fait d'enrouler votre perroquet dans la serviette est alors la dernière étape de cette désensibilisation.

Récompenser : le renforcement positif

Une autre technique complémentaire pour introduire un objet est de l'associer à quelque chose de positif pour l'animal, comme de la nourriture. Par exemple pour la serviette, vous pouvez placer de la nourriture à proximité de la serviette. Si la désensibilisation a bien été faite, le perroquet devrait accepter de manger la nourriture sur la serviette. Ensuite, la nourriture est donnée lorsque le perroquet se met en contact avec la serviette, puis lorsqu'il accepte d'avoir les ailes entourées par la serviette, et enfin lorsqu'il accepte d'être manipulé dans la serviette. C'est ce que l'on appelle le conditionnement opérant

Le renforcement positif n'implique pas forcément de nourriture, et certains animaux ne sont pas gourmands. Cela peut être une session câlin pour votre lapin ou une sortie sur le balcon, la musique préférée de votre cacaotès, un encouragement enjoué... Encore une fois, apprendre à connaître votre animal vous permettra de détecter ses motivations principales. 

L'utilisation d'une cible ou "target" est également possible. Il s'agit d'un bout de bois, un bout de tissus à laquelle on habitue l'animal pour orienter sa patte, son museau ou son bec. A chaque fois que l'animal suit la cible ou vient la toucher avec la partie du corps choisie, vous lui donnez sa récompense préférée. Cela peut aider lorsque vous introduisez un nouvel objet.  

En résumé

Chaque animal a sa personnalité, et c'est en l'observant et en apprenant à connaître votre animal que vous parviendrez à établir ce lien de confiance qui vous fera gagner en temps et en confort pour chaque apprentissage avec lui. Voici un petit résumé : 

Resume

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Sources

Proceeding ICARE 2015

LUESCHER : Manual of Parrot Behaviour, Blackwell Publishing, 2006.

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Parole de plume, par une passionnée de comportement aviaire : Margaux Deman

Tempérament et respect mutuel, côté chien aussi : par Sasha Goldman.

L'éducation d'un lapin bélier, par des passionnés : sur le site Anipassion.  

Quelques principes d'éducation positive du perroquet : sur le site de Johanne Vaillancourt.

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